En quelques lignes.
Le Secteur2 a développé sa démarche à travers une évolution progressive, passant d'activités pour enfants et adolescents à des ateliers réguliers pour adultes, combinant théâtre et musique. Deux principes clés ont guidé son action : l'animation culturelle et la médiation culturelle, visant à rendre les activités artistiques accessibles à divers publics. Initialement expérimental, le projet s'est structuré autour d'ateliers réguliers favorisant une approche transversale entre disciplines, intégrant danse, capoeira, masque et voix pour enrichir les pratiques. La notion de projet occupe une place centrale, encourageant un parcours complet de conception à réalisation, avec un engagement des participants comme acteurs à part entière. Le travail corporel est essentiel, valorisant l'authenticité et la singularité, particulièrement chez les personnes en situation de handicap. La collaboration entre théâtre et musique crée une perméabilité disciplinaire, où la musique s'intègre naturellement au jeu théâtral. Enfin, la relation avec le public est repensée à travers des dispositifs scéniques non traditionnels, visant à "dédramatiser" la rencontre et à offrir une expérience sensible nouvelle, remettant en cause les positions établies entre spectateurs et comédiens.
En lire davantage. . .
Une démarche transversale de mise en relation du théâtre et de la musique et de différentes disciplines complémentaires
Ateliers : travail d’approfondissement et d’ouverture de plusieurs types
L'espace-projet artistique pour une approche basée sur le projet et dans une dimension plus globale
Le travail corporel vecteur principal du jeu théâtral : valoriser la singularité, trouver le geste authentique
Théâtre-musique
Rapport au public: une autre relation entre le spectateur et la scène.
Cette partie aborde les aspects plus particuliers de la démarche du Secteur2. Différents aspects ont contribuer à en définir le style, notamment :
• une démarche commencée dans un contexte d'activités d'abord proposées à des enfants puis à des adolescents avant de devenir des ateliers pour adultes
• une composition avec deux types d'ateliers, le théâtre et la musique, et leur collaboration
• des options spécifiques mises en avant dans le cadre des ateliers et des réalisations
Deux notions/principes plus particuliers ont aussi guidé son action au fil des années. Une démarche d'animation culturelle par la mise à la disposition d'activités en direction de différentes populations enfants, adolescents puis adultes et celle de médiation culturelle par la mise à leur portée des activités artistiques proposées. Des initiatives de plusieurs sortes ont été mises en œuvre pour les mettre en pratique au cours de ces années.
Ces différents aspects constituent des caractéristiques plus particulières du Secteur2 – sans lui être exclusives - et ont influencés ses choix ainsi que ses options de travail.
Les premières années peuvent être caractérisées par une certaine forme d'expérimentation et d'adaptation tant aux différents types de population alors concernées avec une expérience dans ces domaines encore inexistante que par rapport aux conditions pratiques et matérielles de leur déroulement. Un projet mis progressivement en place, par la découverte et les spécificités des besoins observés, une adaptation à l'évolution des activités et aux changements intervenant dans les groupes de participants au fil des ans peuvent être des raccourcis pour résumer cette période.
Dans le prolongement de celles-ci, la mise en place d'un secteur d'activité complet et régulier avec la création d' activités de théâtre et de musique puis le passage à des ateliers réguliers pour adultes ont constitué les nouvelles perspectives pour la poursuite de sa démarche.
Une démarche transversale de mise en relation du théâtre et de la musique et de différentes disciplines complémentaires.
A compter de la mise en place d’ateliers réguliers pour adultes et tout en gardant deux groupe de participants et deux axes de travail distincts: le théâtre et la musique un projet plus systématique d'ouverture entre ces deux disciplines a été engagé.
Initiée autour de projets de réalisation qui regroupaient des participants des deux groupes cette collaboration s'est ouverte progressivement sur des périodes de formation ou de cours orientés sur une approche de différents aspects en lien avec la musique ou le travail corporel.
Ces propositions ont donné la possibilité de découvrir et d’ouvrir sur de nouvelles disciplines en lien avec les domaines du théâtre ou de la musique afin de les varier et de les enrichir sans nécessairement engager de projets plus spécifiques.
C'est ainsi qu'ont été abordé des disciplines comme la danse ou la capoeira, d'autre comme le masque à l'occasion de stages ou de courtes sessions avant de s'élargir à d'autres domaine comme la voix.
Préparées et mises au point de manière précise, proposées par des professionnels compétents, ces moments de travail ont nourri le projet de travail proposé et lui ont apporté un supplément sans être à l’écart des projets de travail en cours.
Le champ d'expérience de chaque groupe est ainsi renforcé tout en leur permettant de poursuivre leur travail de recherche et de mise en commun autour de différents projets de théâtre/musique.
Ateliers : travail d’approfondissement et d’ouverture de plusieurs types.
Le passage à des ateliers proposés à un seul type de population permet de développer un travail au plus près des personnes et offre un cadre favorable pour la recherche qui l'accompagne.
L'approche de domaines spécifiques lors des cours notamment en complément à un travail de fond ouvre sur une forme de métissage entre les différents domaines
Cette démarche d’ouverture peut aussi prendre la forme de projets à mener hors du cadre ordinaire des ateliers: participation à des événements tels que parades ou manifestations associatives par exemple qui permettent d'aller à la rencontre d'autres personnes, d'autres situations.
L'intérêt pour cet aspect plus particulier se retrouvera aussi lors des projets de réalisation "hors les murs" menés à différentes occasions tout au long du parcours suivi par les ateliers notamment dans tous les projets en plein air.
En interne, une autre forme d’ouverture se traduit par l’accueil régulier de participants pour des périodes plus ou moins longues et ainsi donner la possibilité d’un accès à différents types de participation et de personnes qui en retour peuvent apporter leur style et des compétences particulières.
L'espace-projet artistique pour une approche basée sur le projet et dans une dimension plus globale.
La notion de projet occupe une place centrale depuis les premières activités pour enfants et adolescents jusqu’aux ateliers avec les adultes.
Un projet est synonyme de parcours, de la conception d’une idée jusqu’à sa réalisation.
La formation, l'acquisition de compétences et d'expérience, la maîtrise et l'assurance s’acquièrent au travers d'ateliers réguliers qui préparent et organise les éléments pour une réalisation artistique (spectacles, interventions, performances) qui marquera l'aboutissement d'un cycle.
Ainsi faut-il concevoir un projet avec les différentes étapes qu’il comprend.
"L'espace-projet artistique" offre une plateforme plus large pour une approche globale et favorise l'engagement des personnes qui y participent en devenant acteurs à part entières du projet et des actions menées. Dans ce cadre le partenariat et la notion de trajet dans les différentes étapes du processus constituent une source d'expérimentation et d'émergence artistique essentielle.
L’approche globale se caractérise aussi par la pratique d’autres disciplines : musique, danse, travail autour de la voix qui offre des croisements féconds.
Un autre aspect mis en avant est de donner les conditions favorisant une forme de pratique co-générée pour laisser une ouverture, une forme d'action sur le moment. Ceci pouvant se traduire lors des présentations où un certain nombre d'actions est laissé ouvert au moment de leur déroulement. Celui-ci exige néanmoins des compétences, une maîtrise, un environnement favorable qu’il s’agit de préparer.
Le travail corporel vecteur principal du jeu théâtral : valoriser la singularité, trouver le geste authentique
C'est au moyen de l'expérience physique que se construisent conscience et mise en jeu. Cet aspect est particulièrement effectif avec des personnes en situation de handicap mental pour lesquels le ressenti et l’expérimentation sont importants.
A l’inverse des personnes ordinaires elles peuvent faire preuve de compétences particulières dans l’expression gestuelle par leur aisance ou leur naturel, leur capacité à traduire en mouvement certaines situation, leur maîtrise et leur investissement apportant une grande authenticité à la situation dans laquelle elles sont engagées.
L’originalité et la singularité de leurs propositions est aussi à relever.
Ces compétences existent de manière latente et peuvent s’épanouir par un travail qui favorise la maîtrise du mouvement, la conscience du corps, la structuration de l’espace, du temps.
Le travail du corps, avec le corps (corps à corps) a été une donnée constante et essentielle dès le début par le biais des exercices corporels mais aussi dans le travail de mise en forme qui implique aussi des interventions physique sur les éléments scéniques, leur manipulation, leur mise en jeu.
Un engagement complet pour une maîtrise des situations, du jeu, des savoirs faires et savoir être. Faire acquis de ces savoirs faires pour occuper le terrain du jeu et l’investir, lui donner sens (comme par exemple dans la lecture sonore).
Théâtre-musique
Au niveau du secteur, la recherche d'une mise en commun du théâtre et de la musique s'est très rapidement imposée afin de répondre à une situation plus particulière de défrichement et de mise en place des projets de travail des premières années.
Ce travail commun vise à dégager une perméabilité, des allers et retour entre ces deux disciplines tout en préservant pour chaque groupe un travail plus spécifique et bien identifié.
La place occupée par la musique dans le jeu théâtral est au cœur de l’action, dans une forme de présence intégrée à la forme du jeu lui-même sans qu'il y ait à lui trouver une place spécifique. Elle constitue un élément qui crée du relief et des contrastes.
L’action du théâtre prend appui et vient interagir sur les éléments sonores et la musique s’introduit dans le jeu théâtral au-delà d’un simple accompagnement.
Pour l’atelier musique, ses prestations sont élaborées avec une mise en forme dans laquelle des éléments de mise en scène parfois de jeu peuvent intervenir mais la priorité restant la partie musicale elle-même.
Des passerelles communes sont proposées périodiquement lors des moments de cour autour de différentes disciplines tant corporelles que musicales ou rythmiques et lors des moments de recherche ou de travail en communs en vue de réalisations périodiques et renforce cette collaboration.
Cette forme d’implication de la musique au théâtre est différente de celle que la musique enregistrée peut apporter en accompagnement ou support à un travail d’atelier. Elle peut créer dans ce cas et, si elle est bien choisie et adaptée à la situation, des atmosphères propices à une recherche individuelle ou en groupe ou suggérer des univers pour des investigations /explorations.
Mais, travailler sans musique permet aussi une prise de conscience plus fine et renforce la maîtrise des bases internes.
Rapport au public: une autre relation entre le spectateur et la scène.
La présentation périodique du travail théâtral ou musical fait parti du projet de chaque atelier, néanmoins le passage d'un public de personnes proches à un public large et non averti pose des exigences .
C’est dans le cas des représentations publiques à une forme de "médiation" qu’il s’agit de mettre en place entre des spectateurs en principe non avertis ou pouvant avoir quelques préjugés et le groupe de personnes handicapées avec son style et une production qui parfois et pour des raisons de condition pratique ou de temps peut garder une certaine fragilité.
L’enjeu consistant d’une certaine manière à "dédramatiser" cette rencontre par un travail de traduction de divers éléments pour les rendre accessible et visible à un public ordinaire.
Tout d’abord par la proposition d’un véritable contenu à découvrir avec une mise en forme aboutie et le respect des conventions propre à ce type de moment.
Un autre aspect est aussi dans un changement de perspective pour remettre en cause la position du spectateur par rapport à l’espace de jeu et lui donner l’occasion d’une expérience sensible nouvelle.
Le choix de dispositifs scénique moins traditionnels comme cela a été le cas dans les différentes réalisations a concrétisé ces différentes notions.
La remise en question de la place du public et de sa disposition s’est imposé très rapidement aussi comme une façon de concevoir un rapport nouveau entre spectateurs et l’histoire porté par les comédiens. Amener le spectateur dans l’espace du spectacle offre de multiples niveaux de lecture. L’espace de la représentation devient ainsi multiple.
Cette "polyphonie" est l’essence même de la théâtralité, une épaisseur de signes et de sensations qui vient de la scène.
Pour le comédien, la proximité avec celui-ci rend moins abstrait la relation qu’il établit avec lui.
C’est aussi remettre en cause des positions pré établies pour tenter une nouvelle manière d’aborder un fait théâtral plus singulier et constituer aussi un vrai terrain de recherche et d'expérimentation artistique.